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Le guide complet des tubes audio pour la Hi-Fi

Ce qu’il faut retenir sur les tubes audio :
Un tube audio est un composant électronique qui amplifie un signal dans une enveloppe de verre sous vide, en contrôlant le flux d’électrons entre ses électrodes grâce à une ou plusieurs grilles.
Les trois familles principales en Hi-Fi :
• Triodes (cathode + grille de commande + plaque) : les plus linéaires et les plus musicals : 300B, 2A3, ECC83/12AX7.
• Tétrodes (+ grille écran) : gain élevé mais émission secondaire problématique.
• Pentodes (+ grille suppresseur) : bonne puissance de sortie et linéarité restaurée : EL34, KT88.
Signature sonore : les tubes génèrent principalement des harmoniques paires (rang 2, 4, 6), perçues comme musicales et naturelles. Les transistors génèrent des harmoniques impaires (rang 3, 5, 7), jugées moins agréables.

Points de vigilance : entretien régulier nécessaire (remplacement tous les 2 500 à 10 000 heures selon le type), haute tension interne de 300 à 500 V (danger), chaleur importante en fonctionnement (150 à 200°C en surface du verre).

Les tubes audio occupent une place particulière dans l’univers de la haute fidélité. Derrière leurs silhouettes lumineuses se cache une technologie qui, malgré près d’un siècle d’existence, continue de séduire les audiophiles les plus exigeants. Loin d’être un simple vestige du passé, le tube représente une approche différente de l’amplification, offrant une musicalité et un réalisme que beaucoup considèrent comme incomparables.

Ce guide vous accompagne dans la découverte de cette technologie fascinante : de son fonctionnement concret à son histoire, de l’anatomie d’un tube à son entretien, en passant par les questions que tout audiophile se pose avant d’investir.

Qu’est-ce qu’un tube audio ? Définition et principe de fonctionnement

Un tube audio en 4 points simples :
1. C’est un composant sous vide, une enveloppe de verre dont l’intérieur a été vidé de tout air.
2. Il amplifie un signal électrique en contrôlant le flux d’électrons entre ses électrodes.
4. La cathode chauffée émet des électrons ; la grille contrôle leur passage ; la plaque les collecte.
5. Ce processus est analogique et continu, contrairement à la commutation binaire des transistors.

Au cœur de tout tube électronique se trouve un phénomène physique fondamental : l’émission thermoionique. Lorsqu’un métal est chauffé à suffisamment haute température, les électrons de sa surface acquièrent assez d’énergie pour s’en échapper. Un filament électrique porte la cathode à la température nécessaire pour que cette émission se produise de manière continue et abondante.Ces électrons libres, chargés négativement, sont attirés vers la plaque (anode) portée à un potentiel positif élevé, la haute tension d’alimentation. Un courant d’électrons s’établit entre la cathode et la plaque : c’est le courant de plaque, image du signal que le tube va amplifier.

La cathode : la source des électrons

La cathode est l’électrode qui, chauffée, émet les électrons. Il existe deux modes de chauffage. Dans le chauffage direct, le filament et la cathode sont le même élément, c’est le cas de la 300B (5 V / 1,2 A) et de la 2A3 (2,5 V / 2,5 A). Dans le chauffage indirect, la cathode est une pièce distincte du filament, c’est le cas de la ECC83/12AX7 (6,3 V), dont le chauffage alternatif n’introduit aucun bruit dans le signal.

La grille de commande : l’organe d’amplification

La grille est une électrode en forme de treillis métallique placée très près de la cathode. En appliquant une tension variable (le signal à amplifier) sur cette grille, on contrôle le flux d’électrons qui atteignent la plaque. Une variation de tension très faible sur la grille produit une variation de courant de plaque beaucoup plus grande : c’est l’amplification.

La plaque (anode) : le collecteur

La plaque collecte les électrons émis par la cathode sous haute tension positive. Sa dissipation maximale est une donnée fondamentale du tube : la 300B supporte 40 W, la 2A3 15 W, la EL34 25 W.

L’enveloppe de verre et le vide

Le getter, le disque argenté visible à l’intérieur du tube, absorbe les traces de gaz résiduels après la fabrication. Lorsque le getter devient blanc laiteux, le vide est perdu et le tube est hors d’usage : c’est le signe de remplacement le plus immédiatement visible.

L’embase, les broches et le brochage

L’embase est la partie basse du tube qui porte les broches de connexion. Ces broches s’insèrent dans un support (culot) soudé sur le circuit imprimé ou le châssis de l’amplificateur. La configuration des broches, le brochage, varie selon les types de tubes. Aux États-Unis, les brochages UX (4 broches) et UV furent les premiers utilisés sur les séries RCA. Les tubes modernes utilisent des embases octal (8 broches, comme la EL34 et la KT88), noval (9 broches, comme la ECC83/12AX7) ou d’autres standards selon le fabricant.

Tubes ou transistors : quelles différences sonores et techniques ?

La différence fondamentale en une phrase :
Les tubes génèrent principalement des harmoniques de rang pair (2e, 4e, 6e), perçus comme musicaux et naturels par l’oreille humaine. Les transistors produisent des harmoniques de rang impair (3e, 5e, 7e), jugés moins agréables. C’est cette différence fondamentale qui explique le caractère sonore distinctif de chaque technologie.

Les amplificateurs à tubes offrent un son souvent décrit comme naturel, mieux timbré et plus réaliste. Cette perception repose sur trois facteurs techniques. Premièrement, la distorsion harmonique paire : les tubes génèrent principalement du second harmonique, que l’oreille perçoit comme un enrichissement du signal. Deuxièmement, la gestion des transitoires : les tubes saturent progressivement plutôt que brutalement, une qualité particulièrement appréciée sur la musique classique, le jazz et les voix. Troisièmement, l’impédance de sortie plus élevée interagit avec les enceintes d’une manière que certains trouvent plus agréable.

Les amplificateurs à transistors proposent un son plus neutre et plus précis, avec une distorsion généralement plus faible sur le papier. Leurs points forts : puissance élevée dans un format compact, absence d’entretien, rendement supérieur (50 à 70 % contre 25 à 40 % pour les tubes) et prix généralement inférieur à puissance équivalente.

CritèreTubesTransistors
Signature sonoreChaud, naturel, timbré, musicalNeutre, précis, transparent
DistorsionHarmoniques paires (2e, 4e, 6e) — agréablesHarmoniques impaires (3e, 5e, 7e) — moins agréables
Puissance typique8 à 100 W selon le montage50 à 500 W et plus
EntretienNécessaire — remplacement des tubes périodiqueMinimal — pas de remplacement de composants actifs
Durée de vie2 500 à 10 000 h selon le type50 000 h et plus
Rendement énergétique25 à 40 % (faible)50 à 70 % (correct)
Chaleur dégagéeImportante — 150 à 200°C en surface du verreModérée
Enceintes idéalesSensibilité > 90 dB/W/mSensibilité < 88 à 90 dB acceptée
EncombrementImportant — tubes visibles, hautes tensionsCompact possible

Choisissez les tubes si vous recherchez une expérience d’écoute chaleureuse et émotionnelle, si vous privilégiez le réalisme sur les voix et instruments acoustiques, et si vous disposez d’enceintes à haut rendement (sensibilité supérieure à 90 dB). Choisissez les transistors si vous privilégiez la puissance, la compacité et l’absence d’entretien, ou si vos enceintes ont une sensibilité inférieure à 88 dB.

Le tube électronique dans l’histoire : de Fleming à la haute fidélité

Les étapes clés de l’histoire du tube :
1859 : Julius Plücker découvre le nuage électronique dans le vide (tube cathodique).
1879 : William Crookes (1832–1919) caractérise le flux d’électrons dans le vide.
1891 : La particule élémentaire est baptisée « électron » par Georges Johnstone Stoney.
1904 : John Ambrose Fleming invente la diode à vide — premier tube redresseur.
1905–1906 : Lee de Forest (1873–1961) invente le tube triode (Audion) en ajoutant une grille à la diode. Première commercialisation par la Western Electric / AT&T.
Années 1920 : Essor de la radio (TSF) : démocratisation des tubes de réception via RCA Radiotron (UV200, UV201, UV202, UV203, UV204).
1928 : Harold S. Black invente la contre-réaction (rétroaction négative), procédé qui améliore la linéarité et réduit la distorsion.
1947 : Montage Williamson (push-pull, tubes 6L6), premier amplificateur haute fidélité sérieux diffusé dans la presse spécialisée.
1951 : David Hafler et Herbert Keroes publient le montage ultra-linéaire, nouveau standard de l’amplification à tubes.
Années 1960–70 : Transition vers les transistors dans l’industrie. Le tube subsiste en haute fidélité.
Aujourd’hui : Regain massif d’intérêt pour les tubes, notamment la 300B, la 2A3 et les pentodes EL34 / KT88.

L’histoire du tube électronique commence en 1859, quand Julius Plücker observe le phénomène d’émission électronique dans le vide. En 1904, John Ambrose Fleming invente la première diode à vide, premier tube redresseur. Mais c’est Lee de Forest (1873–1961) qui réalise la révolution décisive en 1905–1906 : en ajoutant une grille entre le filament et la plaque, il invente le tube triode, l’Audion. Pour la première fois, il devient possible d’amplifier un signal électronique.

Dans les années 1920, la radio de masse crée une demande colossale pour les tubes de réception. RCA lance ses séries Radiotron (UV200, UV201, UV202, UV203, UV204), vendues entre 5 et 8 dollars pièce. En France, les marques SFR, Visseaux, Dario, Mazda et Valor développent leurs propres gammes.

En 1928, Harold S. Black invente la contre-réaction : en réinjectant une partie du signal de sortie à l’entrée en opposition de phase, il obtient un taux de contre-réaction de 72 dB, une amélioration spectaculaire de la linéarité. En 1947, le montage Williamson (push-pull de 6L6) définit les bases de l’amplificateur haute fidélité moderne. En 1951, Hafler et Keroes publient le montage ultra-linéaire, nouveau standard qui concilie puissance et linéarité.

Les différents types de tubes audio : triodes, pentodes, double triodes

Les tubes par famille et leur usage en Hi-Fi :
• Tubes de puissance (single-ended ou push-pull) : 300B, 2A3, PX4, EL34, KT88, KT66, 6L6.
• Tubes de driver et d’entrée (préamplification) : ECC83/12AX7, ECC82/12AU7, ECC81/12AT7.
• Classification : triodes (300B, 2A3, PX4), pentodes (EL34), beam tetrodes (KT88, KT66, 6L6).

La WE 300B est une triode à chauffage direct (5 V / 1,2 A) produite par la Western Electric / AT&T. Son coefficient d’amplification µ est de 3,9, sa transconductance de 5 250 µMhos et sa résistance interne d’environ 700 Ω. Sa dissipation plaque maximale est de 40 W. En single-ended classe A, elle délivre 8 à 10 watts. Sa longévité sous 300 V peut dépasser 10 000 heures.

Son caractère sonore, médium d’une pureté exceptionnelle, timbres naturels, cohérence de la restitution, en fait le tube de référence des audiophiles depuis des décennies. Des copies existent (Psvane, Gold Lion) mais aucune n’a pleinement reproduit les qualités subjectives des originaux Western Electric.

La 2A3 : la triode la plus produite de l’histoire

La 2A3 de RCA, à chauffage direct (2,5 V / 2,5 A), délivre 3,5 watts en single-ended classe A et jusqu’à 10 watts en push-pull classe AB. Plusieurs millions d’exemplaires ont été fabriqués. Son médium naturel et son rendu des voix en font un tube encore très recherché.

Les triodes britanniques : PX4, PX25, DA30

Les triodes PX4, PX25 (4 broches, chauffage direct) et DA30 (GEC) présentent des caractéristiques proches de la 300B, résistance interne 700 à 1 000 Ω, µ de 3 à 5. Leurs équivalents européens, Mullard U4E, Dario TE104, Vatea PX4200, ont été distribués par plusieurs fabricants français.

L’EL34 : le classique britannique

La EL34 (Mullard/Philips) est une pentode à chauffage indirect (6,3 V) avec une dissipation plaque de 25 W. En push-pull, une paire délivre 35 à 40 watts. Son caractère sonore : médium chaleureux, aigus soyeux, idéal pour le rock, le blues et la musique britannique. Prix : 25 à 80 € la paire selon la marque.

Prix actuel : 25 à 80 € la paire selon la marque.

La KT88 : puissance et contrôle

La KT88 (Marconi/Osram) est une beam tetrode avec 35 W de dissipation plaque et 50 à 100 watts de puissance de sortie en push-pull. Grave contrôlé, aigu détaillé, dynamique remarquable. Elle convient aux enceintes de sensibilité inférieure à 92 dB. Prix : 80 à 200 € la paire.

Prix : 80 à 200 € la paire.

La KT66 et la 6L6 : polyvalence américaine et britannique

La KT66 (Marconi) occupe une position intermédiaire entre l’EL34 et la KT88. La 6L6 (RCA) est son équivalent américain, son américain typique avec médium présent, base du montage Williamson des années 1940–1950.

ECC83 / 12AX7 : le tube d’entrée universel

La ECC83 / 12AX7 est une double triode à chauffage indirect (6,3 V) avec un facteur d’amplification µ d’environ 100, le tube d’entrée et de préamplification universel. On la trouve dans la quasi-totalité des amplificateurs à tubes. ECC83, 7025 et 12AX7 sont directement interchangeables. Prix : 15 à 60 € l’unité.

Prix : 15 à 60 € l’unité. Les ECC83, 7025 et 12AX7 sont directement interchangeables.

ECC82 / 12AU7 : pour les étages de sortie et buffers

La ECC82 (ou 12AU7) est une double triode dont le facteur d’amplification est plus modéré (environ 17). Son impédance de sortie faible en fait un excellent tube pour les étages tampons (buffers) et les sorties de préamplificateurs. Sa linéarité est très appréciée dans les circuits de driver.

Prix : 15 à 50 € l’unité. ECC82 et 12AU7 sont interchangeables.

ECC81 / 12AT7 : le compromis gain/impédance

La ECC81 (ou 12AT7) offre un facteur d’amplification intermédiaire (environ 60). Elle est utilisée dans les étages intermédiaires et les drivers, là où un compromis entre le gain de la ECC83 et la faible impédance de la ECC82 est nécessaire. Le McIntosh MA 352 utilise deux 12AX7a et deux 12AT7 dans son étage d’entrée hybride, les 12AX7a en amplification de tension et les 12AT7 en driver.

Prix : 15 à 50 € l’unité.

TubeTypeChauffageµ / RiUsage principalPrix orientatif
WE 300BTriodeDirect 5V/1,2Aµ=3,9 / Ri≈700ΩSE classe A, 8–10W200–3000 € / paire
2A3 (RCA)TriodeDirect 2,5V/2,5Aµ=4,2 / Ri≈800ΩSE 3,5W / PP 10W80–300 € / paire
PX4 / PX25TriodeDirectµ≈3–5 / Ri≈700ΩSE haute fidélitéMarché vintage
ECC83 / 12AX7Double triodeIndirect 6,3Vµ≈100 / Ri≈62kΩEntrée, préampli phono15–60 € / unité
ECC82 / 12AU7Double triodeIndirect 6,3Vµ≈17 / Ri≈7kΩBuffer, sortie préampli15–50 € / unité
ECC81 / 12AT7Double triodeIndirect 6,3Vµ≈60 / Ri≈15kΩDriver, étage interméd.15–50 € / unité
EL34 (Mullard)PentodeIndirect 6,3VDissip. 25WPP 35–40W25–80 € / paire
KT88 (Marconi)Beam tetrodeIndirect 6,3VDissip. 35WPP 50–100W80–200 € / paire
KT66 / 6L6GCBeam tetrodeIndirect 6,3VDissip. 19–25WPP 25–50W40–120 € / paire

Simple étage, push-pull, ultra-linéaire : comment sont conçus les amplificateurs à tubes ?

Dans un montage single-ended, un seul tube de puissance amplifie la totalité du signal en classe A, il conduit en permanence. Cette continuité de conduction produit une distorsion harmonique essentiellement du second ordre, agréable à l’oreille — et une cohérence musicale que beaucoup considèrent comme la référence absolue. La contrepartie est un rendement faible (25 à 30 %) et une puissance de sortie limitée (8 à 15 W typiquement). Ce montage exige des enceintes à haut rendement (supérieur à 90 dB).

Le montage push-pull utilise deux tubes de puissance travaillant en opposition de phase. Un déphaseur fournit deux signaux opposés ; le transformateur de sortie à prise centrale recombine les deux demi-alternances. Ce montage annule en théorie les harmoniques de rang pair et presque double la puissance par rapport au single-ended. Dans un push-pull, le matching des tubes est indispensable (écart < 5 % sur la transconductance).

La contre-réaction consiste à réinjecter à l’entrée une fraction du signal de sortie en opposition de phase. Inventée par Harold S. Black en 1928, elle améliore la linéarité, réduit la distorsion et abaisse l’impédance de sortie. Son utilisation doit rester modérée : une contre-réaction excessive peut introduire des instabilités de phase perceptibles à l’écoute.

Le montage ultra-linéaire (Hafler/Keroes, 1951) connecte les grilles écran des tubes aux prises intermédiaires du transformateur de sortie, à environ 18,5 % de l’enroulement primaire. Le tube fonctionne dans un mode intermédiaire entre triode et pentode : meilleur taux de distorsion que la pentode pure, puissance supérieure à la triode. C’est l’architecture de nombreux amplificateurs Marantz et McIntosh des années 1950–1960.

Le transformateur de sortie adapte l’impédance de sortie élevée du tube (plusieurs centaines à milliers d’ohms) à l’impédance nominale des enceintes (4 à 16 Ω). Sa qualité, largeur de bande passante, précision des enroulements, qualité du noyau magnétique, détermine directement la restitution du grave et la neutralité de la courbe de réponse. C’est souvent là que les amplificateurs à tubes se distinguent ou se hiérarchisent.

Dans un montage push-pull, les deux tubes de puissance doivent présenter des caractéristiques électriques identiques. Le matching consiste à mesurer et à apparier des tubes selon leur transconductance (Gm, qui mesure l’efficacité d’amplification), leur courant de plaque au repos et leur facteur d’amplification. Un écart supérieur à 5 % entre les deux tubes d’une paire génère de la distorsion, un déséquilibre stéréo et une usure inégale. Pour les quartets (push-pull stéréo), le matching entre les quatre tubes est tout aussi crucial.

Durée de vie, remplacement et entretien des tubes audio

Durée de vie des tubes audio, les repères pratiques
• Tubes de puissance en classe A single-ended : 2 500 à 4 000 heures.
• Tubes de puissance en classe AB push-pull : 4 000 à 5 000 heures. Avec utilisation modérée : 5 000 à 8 000 heures.
• Tubes de préamplification (ECC83, 12AX7) : 5 000 à 10 000 heures.
• Tubes driver : 8 000 à 15 000 heures.
• Tubes NOS (New Old Stock) vintage, jamais utilisés : jusqu’à 20 000 heures pour certains.
Pour 3 heures d’écoute par jour : des tubes de puissance tiendront environ 3 à 4 ans ; des tubes de préampli, 7 à 10 ans.

Signes visuels d’usure

  • Lueur anormalement faible ou vacillante (filament en fin de vie)
  • Lueur bleuâtre excessive entre les électrodes (problème de vide, remplacer immédiatement)
  • Dépôts blancs ou gris à l’intérieur du bulbe (fuite d’air)
  • Getter argenté devenu blanc laiteux (vide perdu définitivement, tube inutilisable)
  • Filament cassé ou discontinu (tube éteint)
  • Éclairs ou arcs électriques internes (court-circuit, éteindre immédiatement)

Signes sonores de défaillance

  • Bruits de fond ou sifflements qui augmentent progressivement
  • Perte de puissance ou de dynamique notable
  • Déséquilibre entre les canaux gauche et droit
  • Micro-coupures ou craquements intermittents
  • Distorsion qui apparaît à faible volume
  • Médium qui devient terne ou voilé

Test de microphonie

Tapotez légèrement chaque tube (amplificateur en fonctionnement, volume bas) avec la gomme d’un crayon. Si le tapotement génère un bruit dans les enceintes, le tube est microphonique et doit être remplacé.

Le remplacement des tubes de puissance et de préamplification est une opération accessible à un utilisateur minutieux, mais elle nécessite des précautions strictes en raison des tensions en jeu.

/!\ Sécurité haute tension
Les amplificateurs à tubes fonctionnent avec des tensions de 300 à 500 V, une tension létale. Ne jamais intervenir sur le circuit interne sans formation appropriée.
Toujours éteindre et débrancher l’amplificateur du secteur avant toute intervention sur les tubes.
Attendre au moins 30 minutes que les tubes refroidissent complètement (ils atteignent 150 à 200°C en surface).
Ne jamais allumer un amplificateur sans tous ses tubes en place.
En cas de doute, faire appel à un technicien spécialisé.

Procédure de remplacement sécurisée

  1. Éteindre et débrancher l’amplificateur du secteur
  2. Attendre au moins 30 minutes que les tubes refroidissent complètement
  3. Retirer délicatement l’ancien tube en tirant doucement avec une légère rotation
  4. Nettoyer le support avec une bombe à air ou un pinceau doux
  5. Aligner correctement les broches du nouveau tube avec le support (repérer la broche guide)
  6. Insérer fermement mais sans forcer brutalement jusqu’au contact complet

Contrairement à une idée reçue, il n’existe pas de procédure de rodage spécifique obligatoire. Les caractéristiques se stabilisent progressivement en utilisation normale : 20 à 50 heures pour les tubes de puissance, 10 à 30 heures pour les tubes de préamplification. Le rodage se fait naturellement lors des séances d’écoute.

Tous les 3 à 6 mois : dépoussiérage à l’aide d’un chiffon microfibre sec (amplificateur éteint, tubes froids), vérification des connexions (retirer et réinsérer les tubes 2 à 3 fois pour nettoyer les contacts par frottement), contrôle visuel du getter et des dépôts. Tenir le culot plutôt que l’enveloppe de verre lors de la manipulation ; conserver les tubes de rechange dans leur boîte d’origine, dans un endroit sec.

Choisir son amplificateur à tubes et ses tubes audio : guide pratique

Les 4 questions à se poser avant d’acheter un amplificateur à tubes :
Quelle est la sensibilité de mes enceintes ? Supérieure à 92 dB : tubes idéaux même avec faible puissance. De 88 à 92 dB : tubes possibles avec 25 à 50 W minimum. Inférieure à 88 dB : transistors ou tubes très puissants recommandés.
Quelle musique j’écoute principalement ? Jazz, classique, voix, acoustique : les tubes excellent. Rock, électronique : selon la puissance et les enceintes.
Suis-je prêt pour l’entretien ? Remplacement des tubes tous les 3 à 5 ans, budget 200 à 500 €.
Quel est mon budget minimum ? Compter au moins 2 000 € pour un amplificateur à tubes de qualité sérieuse.

Le marché des tubes neufs est dominé par plusieurs fabricants proposant un bon rapport qualité-prix :

  • JJ Electronic (Slovaquie) : excellent rapport qualité-prix, fiabilité éprouvée
  • Electro-Harmonix (Russie) : fiables et performants, large gamme
  • Tung-Sol (Russie) : rééditions de classiques américains
  • Gold Lion (Russie) : haut de gamme abordable, rectitiions très appréciées
  • Psvane (Chine) : tubes audiophiles modernes, y compris des 300B de qualité
  • Shuguang (Chine) : bonnes performances globales

Les tubes NOS sont des tubes de fabrication vintage, neufs et jamais utilisés. Les marques légendaires, Telefunken (Allemagne), Mullard (Angleterre), RCA et GE (États-Unis), sont réputées pour des performances souvent supérieures aux fabrications actuelles. Leurs prix sont élevés et le marché est parasité par de nombreuses contrefaçons. Pour la 300B en particulier, les originaux Western Electric restent dans une catégorie à part que les copies n’ont jamais pleinement reproduite.

Le tube audio : une technologie d’avenir pour les oreilles du présent

Les amplificateurs à tubes ne sont ni supérieurs ni inférieurs aux transistors : ils sont différents. Leur approche analogique, progressive et organique de l’amplification — leur signature riche en harmoniques paires — en fait des compagnons privilégiés pour ceux qui recherchent une connexion émotionnelle forte avec leur musique.

Ce qu’il faut retenir : les tubes offrent une musicalité particulière grâce à leur distorsion harmonique paire ; ils nécessitent un entretien régulier mais restent réparables à long terme ; la puissance modeste exige des enceintes à bon rendement (> 90 dB) ; le matching des tubes de puissance garantit performances et longévité.

Notre équipe chez maPlatine.com est à votre disposition pour vous guider dans votre découverte de l’amplification à tubes. Notre auditorium à Rennes permet l’écoute comparative avant tout achat.

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